Les groupes français Veolia et Vivendi en désaccord au Gabon au sujet de la fibre optique

0
Crédit photo : © SEEG

(TIC Mag) – Ce n’est pas la sérénité entre les groupes français Veolia et Vivendi qui opèrent tous sur le marché gabonais. La Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) qui assure la distribution de l’eau et de l’électricité dans le pays est détenue à 51 % par le groupe Veolia, tandis que le Groupe Vivendi Africa (GVA), une filiale du groupe Bolloré, a annoncé en janvier 2017 avoir décroché auprès de l’Arcep, le régulateur télécoms local, une licence télécoms. Licence qui lui permettrait de déployer la fibre optique au Gabon.

GVA, la SEEG et le ministère en charge de l’Energie auraient signé un contrat pour l’utilisation de poteaux et pylônes de la SEEG afin de déployer en aérien la fibre optique de GVA. Seulement, la SEEG est aujourd’hui contre ce contrat et revient sur sa décision qu’elle refuse d’appliquer. C’est ce qu’indique Afric Telegraph.

D’après ce site d’informations, Antoine Boo, le directeur général de la SEEG, dénonce aujourd’hui ce contrat auprès du ministre en charge de l’Energie, Guy Bertrand Mapangou. Les raisons de ce volte-face de la SEEG ne sont pas évoquées. Le groupe Veolia voudrait-il faire au Gabon ce que les Américains d’AES avaient voulu faire au Cameroun ? Aucun élément pour l’affirmer pour le moment. En tout cas, son attitude ne plaît forcément pas à son compatriote français, GVA qui prévoit un investissement de 15 milliards de francs Cfa dans ce projet de fibre optique.

L’exemple du Cameroun

Au Cameroun en effet, l’on se souvient qu’en 2011 AES SONEL (Actuel ENEO, concessionnaire du service public de l’électricité) avait illégalement installé lui-même sa fibre optique aérienne sur ses poteaux. Plus de sept cents (700) kilomètres de câble de fibre optique de 96 brins avaient été déployés dans plus de 12 localités du Cameroun sur le réseau de transport et de distribution de l’énergie électrique, qu’il gérait alors (aujourd’hui géré par la Sonatrel qui a pris le relais).

L’ART, le régulateur télécoms camerounais, l’avait d’ailleurs sanctionné à payer une amende de 500 millions de francs Cfa pour cette installation illégale. L’entreprise indiquait que c’était pour ses besoins internes. Sauf que les capacités installées étaient supérieures à ses besoins et certaines sources indiquaient que AES SONEL commercialisait déjà cette fibre optique. Ce que l’opérateur avait démenti.

Au finish, en septembre 2016, ENEO avait officiellement cédé au ministère des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL) soixante-dix-huit (78) brins de fibre optique représentant l’excédent de capacité de fibre optique déployé sur le réseau de transport d’électricité par l’opérateur privé. Le gouvernement lui avait en retour promis une licence de troisième catégorie pour l’exploitation d’un « réseau privé indépendant » pour les 18 brins nécessaires pour les besoins internes de l’entreprise.

Cinq ans de prolongation pour VEOLIA

C’est en 1997 que Veolia avait signé avec le gouvernement gabonais la concession de la Société d’eau et d’électricité du Gabon (SEEG, Veolia 49%, État 51%). Et ce, pour une durée de 20 ans. Cette concession arrivait à expiration le 30 juin 2017. En 20 ans, le bilan de Veolia au Gabon n’est pas élogieux, car le ministre d’Etat en charge de l’Eau et de l’Energie, Guy-Bertrand Mapangou, reconnaît que les engagements pris par le concessionnaire n’ont pas été tenus.

Malgré cela, le ministre de l’Économie, Régis Immongault, a récemment confié à l’AFP que « L’État a décidé de prolonger la concession sur cinq ans, ce qui permet de faire le point, pour voir qui sera le futur repreneur de la SEEG, Veolia ou un autre ».

baniere830x100-ict-strategies

LAISSEZ UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
SVP entrez votre nom ici