Karim Bernoussi (PDG Intelcia) : « On comprend mieux l’Afrique que les boites européennes »

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(TIC Mag) – A l’occasion de son passage au Cameroun, le PDG du groupe Intelcia interrogé par TIC Mag revient sur les réalisations de son groupe et sur ses ambitions pour 2017 et 2018.

TIC Mag : Vous venez de célébrer votre première année de présence au Cameroun, dont l’installation a marqué le premier pas en Afrique subsaharienne. Qu’est ce qui a justifié le choix porté sur le Cameroun ?

Karim Bernoussi : Initialement on a voulu s’installer en Afrique subsaharienne pour trois raisons. La première c’est parce que nous avons voulu accéder à un nouveau bassin d’emplois. La deuxième c’est pour être un acteur présent dans plusieurs pays africains pour accompagner les grands donneurs d’ordre panafricains. La troisième raison est économique. C’était pour avoir des coûts de productions réduits. Lorsque nous avons pensé à nous installer, la première exigence était de trouver un partenaire local. Il était important pour nous d’avoir un partenaire fiable. Et le choix du Cameroun a été accéléré lorsque nous avons rencontré notre partenaire avec lequel nous nous sentions en complète confiance. Du coup, fin 2015, nous avons fait l’acquisition de Clienteros qui était la société camerounaise qui commençait à travailler dans ce secteur-là. Et un an après, nous sommes aujourd’hui en 2016 à 650 collaborateurs. Voilà donc le cheminement et la raison pour laquelle nous avons choisi d’investir au Cameroun.

 

TIC Mag : Quelle est la stratégie du groupe pour l’Afrique subsaharienne face à la concurrence qui devient de plus en plus rude ?

K.B : Nous sommes d’abord une entreprise africaine, par rapport aux autres. Et c’est très important. Je pense qu’on comprend mieux l’Afrique que les boites européennes. On a cette proximité qui est naturelle et aujourd’hui on va accélérer notre développement en Afrique subsaharienne pour plusieurs raisons. D’abord, parce que nous voulons être le leader panafricain dans le secteur. Aujourd’hui nous sommes déjà présents au Maroc, au Cameroun, au Sénégal. Demain on va récupérer Madagascar et l’Île Maurice, ce qui fera en tout cinq pays en Afrique.

 

TIC Mag : Cette extension de vos activités va probablement se poursuivre en 2017…

K.B. : Effectivement. Nous allons accélérer en 2017 et 2018 ou ouvrant sur deux autres pays. Nous, nous serons un acteur en Afrique francophone qui sera présent au moins sur sept pays. Donc, c’est très important et cela donne de la valeur à l’entreprise. Cette présence va nous permettre d’accéder à des marchés importants, puisqu’on va avoir des acteurs panafricains qui voudront travailler avec nous parce que nous aurons une présence un peu partout en Afrique. En même temps, il ne faut pas oublier que l’Afrique est porteuse de la croissance de demain. Nous voulons être sur ces marchés là pour pouvoir bénéficier de cette croissance. Et la troisième raison, c’est que nous sommes persuadés que demain, les jeunes africains ne voudront plus travailler en Europe et voudrons rester dans leurs pays. Et le fait de travailler dans des métiers faits à distance grâce aux nouvelles technologies, je pense qu’on pourra apporter aux africains des emplois de qualité et à forte valeur ajoutée.

TIC Mag : Vous avez investi 1,6 milliards de FCFA dans votre filiale camerounaise pour son lancement en 2015. Rendu à la fin 2016, jugez-vous que cet investissement en valait-il la peine ?

K.B: De manière globale, nous sommes plus que satisfaits de notre filiale camerounaise. Satisfait par rapport à notre investissement, satisfait par rapport au retour sur investissement, satisfait par rapport à la qualité des ressources humaines que nous avons trouvé, satisfaits par rapport à nos partenariats avec nos partenaires.

 

TIC Mag : Vous avez évoqué parmi vos priorités l’ancrage local des différentes filiales. Comment est-ce que vous le percevez ?

K.B : Il faudrait que toutes nos filiales soient locales avec un management local. Et pour y arriver, il faut du temps. C’est-à-dire que ce n’est pas quelque chose que nous arriverons à faire en un an, parce que le métier de l’externalisation des services est nouveau dans un certain nombre de pays où nous allons. Du coup, on ne retrouve pas forcément les ressources disponibles. Ainsi, il faut que l’on puisse effectivement former ces personnes et il faut un peu de temps. Le premier objectif que nous avons c’est d’avoir un management local et il faut le faire avec beaucoup de temps et il faut le faire progressivement de telle sorte que le management local ait les mêmes valeurs que le groupe.

TIC Mag : Quelles seront les principales priorités du groupe Intelcia pour les années 2017 et 2018 ?

K.B : Notre principal objectif pour les années 2017 et 2018 c’est de consolider notre croissance qui est déjà forte et il faut la tenir. Donc, c’est un véritable challenge opérationnel, parce que nous devons ouvrir de nouveaux pays, continuer la croissance au Cameroun et on va récupérer, dans le cadre de notre deal avec Altis l’île Maurice et Madagascar, ce qui fera un dispositif de plus de 2000 personnes qu’on récupérera. C’est un challenge que nous allons affronter avec l’ensemble de nos forces.

Propos recueillis par JJT

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1 COMMENTAIRE

  1. L’Afrique Subsaharienne est en effet une destination rêvée pour les sociétés externalisées. Le PDG d’Intelcia a parfaitement raison d’orienter les activités de son entreprise dans la région. En plus, ce genre de projet aide aussi de nombreux jeunes africains à trouver du travail.

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