Objets connectés et réseaux bas débits : ces solutions exposées au salon ’’IoT World – MtoM & Objets connectés’’ 2018 à Paris

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(TIC Mag) – “IOT World” et “MToM & Objets connectés“. Deux salons professionnels se sont regroupés les 21 et 22 mars à Paris en vue de proposer un grand rendez-vous autour de l’IoT (Internet of Things), du temps réel et des solutions embarquées aux 10.000 visiteurs attendus. Cette initiative avait pour but de réunir opérateurs, intégrateurs, équipementiers, sociétés de services, organismes de formation et associations au sein de conférences et autour de tables rondes, afin de présenter et de faire un point sur les avancées notables dans ces domaines.

Plus de 300 exposants étaient présents, de grands comptes comme Orange, Nokia, Legrand, Atos, SFR Business et bien d’autres, des laboratoires de renom tels que le Limsi/CNRS, l’INRIA, les universités de Franche-Comté, de Paris-8, de Paris-Saclay et l’INSA-Lyon, ainsi que de nombreux fabricants et prestataires de services parmi lesquels certains ont accepté de nous présenter plus en détails leurs activités.

Une édition 2018 annoncée comme mémorable par les organisateurs et qui semble avoir atteint ses objectifs en abordant par bien des échanges de nombreux thèmes parmi lesquels le big data, la blockchain, l’intelligence artificielle, la valorisation et l’exploitation des données, les composants et les capteurs, les applicatifs, etc.

Cet événement était aussi l’occasion d’en savoir un peu plus sur les réseaux bas débit longue portée : “LoRa” d’Orange et d’Objenious, filiale de Bouygues Telecom et “Sigfox” de l’opérateur français du même nom, basé à Toulouse en Haute-Garonne, tout en s’interrogeant sur leurs finalités et leurs perspectives.

Une bonne compréhension des réseaux longue portée à bas débit suppose que l’on s’intéresse à leurs usages et donc aux nouveautés en matière de périphériques compatibles, capables d’effectuer des relevés de précision et de transmettre des données de taille réduite dans la durée.

La liste des capteurs disponibles étant déjà très longue, les innovations sont plutôt désormais du côté des performances. Connecter un capteur à un réseau pour qu’il se déclenche à distance avec l’intention de récupérer ses mesures n’est pas une spécificité du bas débit. La singularité d’un capteur réside dans son utilité, sa résilience aux éléments extérieurs, la faible quantité d’énergie dont il a besoin pour ses communications ainsi que sa longévité.

Concevoir et réaliser un capteur dont la solidité et l’autonomie lui assurent plusieurs années d’existence devient une exigence et un défi que certains fabricants savent relever avec brio; à l’image du capteur “fflytrack” de la société “ffly4u” dont l’étanchéité pouvant résister aux Karchers et la durée de vie estimée à sept ans, en font un outil particulièrement bien adapté au transport et à la logistique.

Eolane. La mutation des objets connectés
Si les objets connectés se doivent d’être performants, on attend désormais d’eux qu’ils soient aussi intelligents. Pour faire passer les objets connectés du stade de gadgets à celui d’utilitaires reconnus, des sociétés comme “éolane”, basée dans le Maine-et-Loire, travaillent à y intégrer de l’intelligence artificielle.

Avec 3 000 employés dans le monde, neuf usines en France, une au Maroc, une en Chine, une en Estonie et une en Allemagne, éolane cherche à se développer dans de nombreux secteurs d’activité comme le médical, l’énergie, l’automobile et l’électronique. Sa balise “Movee” détecte les chocs et les vibrations, relève la température et l’orientation, en fonctionnant aussi bien en LoRa qu’en sigfox. Elle évolue désormais avec l’intégration d’une intelligence artificielle embarquée qui doit lui permettre d’auto-apprendre ce que la machine à laquelle elle est associée réalise, afin d’anticiper les pannes et de simplifier les réparations. Maintenance préventive et maintenance cognitive sont donc les deux maîtres-mots de ces nouveaux outils qui, en facilitant la détection des dysfonctionnements, la réactivité et la précision des interventions vont contribuer à augmenter la productivité tout en générant des économies sur les coûts de fonctionnement.

Jri. Les usages liés aux objets connectés sont-ils transposables en Afrique ?
L’optimisation des consommations énergétiques, la gestion des places de parking ou de l’éclairage public, la fluidité de la circulation sont des problématiques qui concernent toutes les agglomérations. Des PME françaises maitrisant ces activités n’ont pas hésité à prospecter les marchés africains pour s’y placer.
Premier fabricant européen d’enregistreurs de T°, “Jri” est une société de 90 personnes bien implantée dans le secteur médical, le milieu hospitalier, l’industrie pharmaceutique, mais aussi dans l’agro-alimentaire et les transports. Son savoir-faire porte sur le contrôle et la stabilisation de la chaine du froid et le bon maintien en T° des produits termo-sensibles. Elle travaille désormais au Sénégal, dans un hopital de Dakar, en équipant son laboratoire et sa pharmacie, d’un système pouvant garantir le bon stockage des médicaments.

ATIM. Faute d’infrastructures doit-on renoncer aux réseaux bas débits ?
La société “ATIM” qui regroupe une douzaine de personnes, principalement des ingénieurs, apporte une réponse à cette question. Elle conçoit ses propres cartes radio et plus particulièrement une gateway LoRaWAN permettant de créer un réseau privé et d’utiliser les mêmes types de capteurs que sur un réseau opéré. Transposable sur n’importe quel site, cette gateway ne demande qu’une connexion Internet pour interagir et partager ses données locales avec d’autres sites distants.

La gateway, une fois branchée, va rechercher les périphériques compatibles présents sur son réseau, les “accrocher” sur le même principe que le WiFi et assurer la liaison avec l’Internet, soit une solution fiable, efficace et financièrement accessible, validée et distribuée par de grandes enseignes comme “Factory Systèmes”.

DTV Consulting. La qualité de service : Comment en juger ?
Quel que soit le réseau que l’on choisit pour acheminer ses données, il est bon de pouvoir évaluer en toute neutralité la qualité des services rendus. Créée en 2004, la société “DTV Consulting” propose aux opérateurs, aux régulateurs et aux prestataires des outils de mesures qualitatives et quantitatives des réseaux, du point de vue de l’utilisateur final; voix, SMS, MMS, latence du réseau, téléchargement de fichiers, navigation sur le Net, etc. Son testeur, le “Qos suite”, très utilisé en France, l’est également au Moyen Orient, en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest, notamment au Cameroun, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire.

Depuis 2015, un second boîtier, le “Qos iot”, mesure la qualité de service des réseaux bas débit.
Certifié par les opérateurs, il vérifie des indicateurs techniques comme les taux de réception et détermine quel est le réseau à privilégier pour un usage donné dans un contexte particulier (extérieur ou intérieur, en étage ou en sous-sol, etc.).

aGIT. Des comportements vertueux
“aGIT” est une association Loi 1901 créée en 2011 qui fédère actuellement une quarantaine d’entreprises avec la volonté d’identifier et de partager les bonnes pratiques permettant de réduire l’impact du numérique sur l’environnement. Ses membres réfléchissent sur différents sujets comme le datacenter, l’impression ou encore le Cloud pour parvenir à un consensus sur les comportements écologiquement responsables à adopter pour chaque thème étudié. Ses recommandations “GREEN IT” font l’objet de livres blancs téléchargeables sur son site Web.

Présente sur le salon, aGIT demande qu’on allonge la durée vie de son PC lorsqu’on est un particulier ou, pour une société, qu’elle incite ses collaborateurs à éteindre leur poste de travail avant de quitter leur bureau en fin de journée. Elle pousse à la réutilisation des matériels existants, au recyclage des composants électroniques, de façon à freiner l’extraction des “terres rares”, ces métaux comme le cérium, le terbium, le scandium, l’yttrium, le dysprosium, difficiles à extraire et à raffiner, dont on se sert pour fabriquer les écrans plats, les disques durs, les smartphones, etc.

Foxtrot 6 Golf Papa X-rai. Une présence surprenante
Pour l’indicatif “Foxtrot 6 Golf Papa X-rai”, il n’y a pas à s’étonner de la présence d’un stand REF (Réseau des Emetteurs Français) sur le salon et ce, pour au moins deux raisons : les radioamateurs y ont toute leur place car le lieu est avant tout celui des fréquences et des protocoles radio. Les fréquences qu’ils utilisent ont bien souvent fait leurs preuves et les techniques employées restent parmi les plus sûres pour établir des contacts réguliers à l’échelle internationale.

Membre de l’association nationale des radioamateurs français (14000 adhérents), “f6gpx” ne se voit pas troquer ses matériels radio contre une version de Skype ou de Snapchat. En maîtrisant l’intégralité du processus de transmission, le radioamateur reste indépendant et autonome en toute circonstance. Le jour où l’Internet est coupé, lui continue d’émettre. Cela a été le cas, récemment encore, à Saint-Martin aux Antilles. Toutes les communications étaient interrompues. Internet ne fonctionnait plus. Ce sont les radioamateurs qui ont remis en route les circuits d’information entre les autorités.

Chaque autorité dispose de son propre réseau pour émettre et ces réseaux ne communiquent pas entre eux. Les pompiers ne communiquent pas avec les gendarmes. Ce sont des matériels différents qui n’utilisent pas les mêmes fréquences.

Il y a beaucoup de radioamateurs en Afrique avec très souvent dans chaque pays un organisme national pour les rassembler. Le fait de pouvoir émettre “sur batterie” donne une raison supplémentaire d’utiliser ces matériels en Afrique où l’Internet n’est pas efficient partout et où les installations électriques font parfois défaut. Les radioamateurs revendiquent un rôle déterminant notamment pour tout ce qui touche aux communications d’urgence.

LoRa ou Sigfox : Quel réseau choisir ?
Ces deux salons ont certainement pu apporter des réponses aux professionnels confrontés à des problématiques de mise en place d’installations innovantes avec des contraintes structurelles et énergétiques, telles qu’on en trouve dans la conception des “smarts cities” et des “smarts buildings”.

En matière de réseaux bas débit, chacun a son idée, mais rares sont ceux qui semblent avoir un avis tranché sur le sujet, gardant probablement en tête que LoRa comme Sigfox utilisent la même bande de fréquence libre (868Mhz) et que la 5G (Internet of Everything) avec des caractéristiques propres à l’IoT, pourrait bien, une fois déployée, mettre tout le monde d’accord.

LoRa semble attractif par son ouverture et ses possibilités de triangularisation pour une meilleure géolocalisation des objets sans GPS. Sigfox semble offrir la sécurité et l’étendue de sa couverture (au moins 45 pays) ainsi que ses partenariats peuvent dans certains cas apparaître plus appropriés. Aucun de ces réseaux ne semble pour autant pouvoir s’imposer.

Pour chaque projet IoT, le choix d’un réseau basse consommation se pose, en décider n’est pas toujours évident. Tout dépendra du cahier des charges, du modèle économique, des services à rendre, du lieu où l’on doit s’implanter et des besoins connus en terme d’autonomie et d’interactivité.

Rappelons que rien n’empêche la mise en place d’un réseau privé, dès lors qu’il se justifie. Les coûts et les difficultés d’aménagement sont liés à la superficie et au relief du terrain à couvrir. Il reste très souvent abordable et s’avère généralement profitable si ses contours sont bien tracés et l’étude préalable de faisabilité correctement menée.

Par Philippe Mingotaud *
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* Philippe Mingotaud est le correspondant de TIC Mag en Europe. Il est par ailleurs spécialiste sur les questions de l’informatique et des nouvelles technologies. Philippe est également l’éditeur de la suite logicielle ServoCall et SerVisual que vous pouvez acquérir ou consulter à travers les adresses Skype : servocall – Twitter : @ServoCall.

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